
Le vampire est non-mort et non-vivant. Il est un "revenant en corps", se distinguant ainsi des revenants immatériels (fantômes ou esprits). Ses thèmes de prédilection du vampirisme sont l'ombre et le reflet, le miroir et le verre, l'oeil et le regard, le cerceuil, l'effacement de l'espace et du temps, la dent du vampire et les voi(x)(es) du sang.
Autres noms du vampire :
|
Pays
|
Terme
|
Notes
|
|
Allemagne
|
Blutsauger
|
|
|
Croatie
|
Vampir
|
|
|
Roumanie
|
Vampir
|
|
|
Arménie
|
Dachnavar
|
|
|
Norvège
|
Vampyr
|
|
|
Inde
|
Vetalâs
|
|
|
Chine
|
Kiang
|
|
|
Pologne
|
Wampire
|
|
|
Grèce
|
Vrykolakas
|
souvent considéré comme un cauque-mar mais est bien un mort vivant en corps, et accusé de sucer le sang
|
|
Slovénie
|
Vrkolak
|
|
|
Moyen-Orient
|
Ghûl
|
la goule a pris en Occident un autre sens
|
|
Serbie
|
Vampir
|
|
|
Latin
|
Lamie
|
|
|
Iran
|
Khunasham/Khunkhar
|
|

Facultés prêtées aux vampires :
- ne doit pas boire le sang et manger la chair d'un humain mort, qui peut leur causer un empoisonnement très grave.

Le vampire dans l'Histoire
L'histoire du vampire commence très tôt, mais trouvera son apogée lors des XVIIème et XVIIIème siècles, où les témoignages de vampires se font plus nombreux.
Chronologie :
La préhistoire et l'Antiquié ont vu naître les vampireset les premiers hommes en ont laissé des traces très diverses. On retrouve les premières traces d'êtres buveurs de sang sur un vase préhistorique, découvert en Pologne.
Antiquité :
La Bible déjà, par le biais de la nécromancie, fait des allusions aux vampires.
Dans la Grèce antique, les ombres du royaume d'Hadès sont friandes du sang des victimes (cf. Homère, Odyssée, X, 520-540, "Cicé"). Les anciens craignaient l'errance sur Terre s'ils n'étaient pas enterrés par leur famille ou leurs amis car le repos définitif venait de l'incinération, ce qui explique le mythe de Polynice, Aristée, Platon et Démocrite soutenaient que l'âme peut demeurer auprès des morts privés de sépulture. Les âmes malheureuses et errantes se laissent alors attirer par l'odeur du sang. On peut se référer à Porphyre de Tyr (Des sacrifices, ch. II "Du vrai culte"). Les devins se servaient alors de ces âmes pour deviner les secrets et trésors. Ayant connaissance de leur présence, les hommes cherchèrent des moyens pour les apaiser ou les contrer. En Crète, selon Pausanias, on enfoncait dans la tête de certains morts un clou. Ovide aussi parlera des vampires. Théocrite note aussi les empuces (spectres multiformes de la nuit pouvant se muer en montres innommables ou en créatures de rêve, aussi appelées démons de midi).
Dans l'Empire romain, on trouve la loi Jus Pontificum selon laquelle les corps ne devaient pas êtres laissés sans sépulture. De plus, les tombes étaient protégées contre les voleurs et ennemis. Les violations étaient considérées comme sacrilège et punies de mort. On rencontre Lamia, une goule nécrophage, reine des succubes dévorant des foetus et effrayant les enfants la nuit (Horace, Art poétique, 340). De Lamia viennent les lamies, plus nécrophages que vampires : lascives, ondoyantes, serpentines, avides de stupre et de mort, aux pieds de cheval et aux yeux de dragon. Elles attiraient les hommes pour les dévorer et peuvent s'apparenter aux succubes. Elles prenaient le surnom plus connu de stryges à cause de leurs cris perçants. On note aussi les striges, démons femelles ailées munies de serres, et les omosceles, démons aux pieds d'ânes qui s'attaquaient aux voyageurs égarés.
Moyen Age et Temps Modernes :
Au XIIème siècle, les vampires étaient censés être si nombreux en Angleterre qu'ils étaient brûlés pour calmer la passion populaire. Herenberg cite d'ailleurs deux casen 1337 et 1347 : les présumés coupables de vampirisme furent empalés et brûlés. De même, au XIVème siècle, les épidémies de pestes sont l'occasion pour la population (surtout en Europe de l'Est) d'une véritable frénésie anti-vampire. On voit apparaître au XVIème siècle, la première grande figure du vampirisme : la comtesse hongroise Ersebet Bathory. En Moravie, l'évêque d'Olmütz, devant la multiplication des plaintes des villageois de la région, mit sur pied des commissions d'enquêtes. Le premier cas de vampirisme attaché à un nom et étudié un tant soit peu est celui de Michael Casparek, en 1718. Son cas fit l'objet d'une enquête officielle, dans son petit village de Liptob en Hongrie. Malheureusement, très peu de données ont pu parvenir jusqu'à nous. Le mot "vampire" apparaît pour la première fois en 1715, lorsqu'un rapport présente l'exhumation du récemment mort Peter Plogojowitz un paysan serbe, qui reste encore à ce jour le cas le plus célèbre de vampire historique dans le montde, après celui d' Arnold Paole, soldat et paysan autrichien mort en 1726 et à l'origine de deux épidémies de "vampirisme" dont la seconde en Janvier 1731, fit l'objet d'un rapport circonstancié par le médecin militaire Johann Flückinger, généralement connu sous le titre de Visum et Repertum, qui fut abondamment repris, traduit par Dom Calmet, et fit probablement couler encore plus d'encre que le cas Plogojowitz (pour les Serbes, le plus célèbre reste cependant Sava Savanoci). Auparavant, on parlait de "vampyr". Un autre cas de vampirisme est celui de Johannes Cuntius de Silésie.
Le vampirisme était pour l'Eglise catholique (et pour Dom Calmet en particulier) un sujet sérieux et politique (à la manière de la Bête du Gévaudan). Les âmes des morts ont trois alternatives : Paradis, Enfer ou Purgatoire. Or le vampire est un mort qui ne se retrouve dans aucune de ces trois catégories, puisque c'est une âmes qui erre sur Terre. Sa simple existence remet donc en cause le dogme catholique et donc la puissance de l'Eglise.

Le cas Bathory
La comtesse Elizabeth Báthory est l'exemple historique le plus connus concernant les vampires. Cette aristocrate hongroise du XVIème/XVIIème siècle, aurait tué entre 100 et 600 jeunes filles afin de se baigner dans leur sang ! Elle considérait en effet que se baigner dans le sang de jeunes filles pouvait permettre de rester éternellement jeune. Bien qu'elle ne présente aucun signe caractéristique des vampires (elle ne boit pas le sang), elle reste pour beaucoup l'incarnation du coté aristocratique du vampire à l'inverse des autres témoignages qui, plus tard, porteront sur des paysans.
Dracula
On pense souvent que Vlad III Drãculea, dit Tepes (l'empaleur en roumain), a été un vampire. Ce prince de Valachie du XVème siècle, dont la réputation était sanguinaire, a beaucoup inspiré "Dracula", un roman de fiction de Bram Stoker, qui dépeint un vampire en Transylvanie et au Royaume-Unis au XIXème siècle. Bien qu'il ne soit pas fait mention, de manière directe ou indirecte, de Vlad Tepes, nombre de personnes ont alors fait le rapprochement, puis l'amalgame, entre Dracula, le personnage imaginaire de Stoker, et le prince Valaque historique du XVème siècle. Les nombreuses reprises littéraire et cinématographique ont fini par faire de Dracula un personnage de la culture populaire mondiale.
Vingtième siècle
En 1913, un fermier hongrois affirma qu'un garçon de quatorze ans qu'il avait employé et qui était mort récemment lui rendat visite chaque nuit. L'affaire a été signalé par le Daily Telegraph de Londres.

Causes rationnelles du vampirisme
Plusieurs causes parfaitement rationnelles peuvent expliquer de nombreux cas de supposé vampirisme. Cepandant, il semble que même cumulés, elles ne suffisent pas à expliquer la totalité des cas.
Parmi les causes invoquées, citons :
- La rage : elle a été comparée au vampirisme par les fortes similitudes dans les symptômes et les comportements de ceux qui en sont atteints :
. elle développe un comportement agressif notamment par la morsure et déforme le visage, pouvant laisser apparaitre les dents ;
. elle donne un teint pâle à qui en est atteint ;
. elle peut être véhiculée par des chauves-souris ;
. les patients rabiques souffrent d'hyperestésie en fin de vie (sensibilité à la lumière, peur de la lumière du jour) ;
. les patients rabiques souffrent d'hydrophobie (peur des liquides, donc de l'eau bénite) ;
. les patients rabiques peuvent souffrir d'hypersensibilité aux odeurs fortes, comme par exemple celle de l'ail ;
. la rage peut entraîner des insomnies donc une forte activité la nuit ;
. elle se propage, entre autres, par la morsure ;
. enfin, une épidémie de age a sévi en Europe de l'Est au moment des premiers récits de vampires ;
- la Xeroderma pigmentosum qui est à proprement parler la maladie des vampires ;
- l'hyperestésie : les malades craignent les lumières trop dures (celle du soleil), et les fortes odeurs (celle de l'ail) ;
- l'hydrophobie : les malades avancés ont d'insoutenables sensations de brulures en cas de contact avc l'eau (avec l'eau bénite) ;
- les insomnies (les vampires eux ne vivent que la nuit) ;
- la porphyrie : c'est un déficit d'une des enzymes intervenant dans la dégradation de l'hémoglobine. C'est une maladie congénitale très rare (un cas sur 200000). Une des porphyrie se manifeste généralement par une urine qui vire au rouge aprè exposition à la lumière, une autre par une hyperpilosité (hypertrichose) et une autre par des malformations dentaires. Cepandant, la "maladie du vampirisme", que l'on peut trouver chez certaines personnes en Transylvanie et en Roumanie, ou dont la lignée génétique remonte à des personnes originaires de ces contrées, n'a aucun lien avec la porphyrie ;

Devenir vampire !
Pour ce qui est des croyances populaires, on s'accordait à penser que les suicidés et les homosexuels deviendraient des vampires à leur mort. Les premiers risquent de devenir vampire car ils ont osé disposer de leur corps qui pourtant ne leur appartient pas. En effet, pour la religion chrétienne, le corps ne nous appartient pas, il nous est prêté par Dieu, ce qui fait du suicide un acte d'offense majeur avec cette horrible conséquence de revenir en tant que vampire et d'errer sans fin. cette croyance existe depuis très longtemps car déjà en Grèce antique, les cadavres de suicidés avaient la tête tranché et étaient brûlées pour que leurs âmes ne viennent pas tourmenter les vivants.
Les personnes accusées de sorcellerie pouvaient aussi craindre de revenir en tant que vampire. Encore un bon prétexte pour les brûlés vifs. Il n'était pas vraiment conseillé d'être sorcier au temps jadis !
Pour les roumains, très croyants au sujet des vampires, un bébé pouvait naître strigoï (le vampire local). Une femme ayant bu de l'eau impure mêlée à de la salive démoniaque accouche d'un enfant vampire ou encore, une femme enceinte qui est sortie, nue-tête, de nuit et qui a rencontré le Diable qui lui a placé une coiffe rouge pareille à la sienne a des soucis à se faire. Toujours en Roumanie, les personnes risquant de devenir strigoï à leur mort étaient les maudits, les excommuniés, les sorciers, les enfants morts non baptisés, les personnes mortes subitement, les pendus et les noyés. Ajoutons à cela, les cadavres sur lequel un chat ou un chien était passé. On se demande presque si tout le monde ne risque pas de devenir strigoï là-bas !!

La morsure
C'est la règle fondamentale pour risquer de devenir un vampire. Beaucoup de films se contentent de cela. Citons par exemple "Blade", il suffit d'être mordu et, dans quelques jours, voire quelques heures, la transformation s'opérera. Mais ce film n'est, bien sûr, pas le seul à agir comme cela. "Vampires" avec J. Wood nous applique le même principe. Il rajoute une chose : la personne qui est entre la vie et la mort peut voir dans ses délires ce que fait le vampires qui l'a mordu. Elle est branchée avec lui comme par des pensées télépathiques. Pour revenir sur "Blade"; la transformation en vampire peut ne pas réussir et la personne se retrouve alors dans un état de vrai mort-vivant du style goule, pas beau à voir. Un denier exemple avec "Une nuit en enfer où, lorsque l'on se fait tuer par un vampire, on renaît après un certain laps de temps en tant que vampire.
Boire le sang du vampire
Ainsi, vous pouvez le voir dans "Dracula" de F.F. COPOLLA où le vampire s'entaille volontairement la poitrine pour que Mina le rejoigne dans l'obscurité de son monde. c'est aussi flagrant dans "Entretien avec un vampire" où Lestat vide presque entièrement de son sang Louis, et où celui-ci, au bord de la mort, se décide à boire le sang de Lestat dégoulinant de son bras entaillé. C'est tout à fait normal que ces deux films aient adopté cette règle car cela permet de comprendre que les héros ont fait le choix de devenir vampire et qu'ainsi ils en subissent les conséquences. Louis pouvait refuser mais il a accepté. Bien sûr, plus tard dans le film... il le regrettera
Cette seconde règle n'est pas souvent respectée. Cela dépend du rôle des vampires dans l'histoire. S'il n'a qu'un rôle d'ennemi impitoyable et sanguinaire, si on ne s'intérresse pas à sa vie, la 2ème règle est alors souvent oubliée. En réalité, on considére généralement que Bram STOKER a instauré les vraies règles originales. Mais comme pour toute règle, on se sent l'envie de les transgresser et tant que cela ne nuit pas à l'histoire, ce sera toujours pardonnable !

Naître vampire
Le livre "Ames perdues" donne une autre façon de devenir vampire. Il faut qu'un vampire mette enceinte une femme humaine. L'enfant en naissant tuera sa mère car il l'aura en quelque sorte mangé de l'intérieur... hum, sympa non ?...
"Blade parle aussi de ce principe de naître vampire puisque certains vampires sont des sangs purs et d'autres sont devenus vampires.
Le virus
C'est aussi un moyen de transformer les habitants d'une ville en suceurs de sang. C'est un peu ce qui est censé être arrivé pour notre seul survivant du livre "Je suis une légende". Le film "Le régne des ténèbres" illustre le même fléau. C'est en croyant avoir trouvé un reméde contre le SIDA qu'il découvre qu'il a fabriqué un virus transformant les gens en vampires. Dans "Les fils des ténèbres", l'héroïne découvre égalementque c'est une sorte de virus qui rend son fils adoptif malade et ayant besoin de sang pour survivre. On se rapproche ici de cette maladie rare qu'est la porphyrie.
La malédiction ou la possession
"Dracula" de F.F. COPOLLA est encore un bon exemple. Ayant perdu sa bien-aimée alors qu'il était à la guerre, Dracula se met à renier Dieu qui le punit en le faisant devnir un vampire. Les vampires de la série "Buffy contre les vampires" sont censés être des démons qui prennent possession de corps d'humains morts.