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Catégorie Le loup-garou:

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En réalité, il est loin d'être la bête féroce que l'on invoquait pour faire peur aux enfants. Il peuple quasi tous les continents, toutes les littératures populaires, vit à toutes les époques. Peut être maléfique mais aussi bénéfique selon les endroits. Les artistes les plus célèbres l'ont utilisé comme thème. L'Eglise Catholique n'a pas su l'ignorer. Des milliers d'exorcisme (cérémonie religieuse qui a pour but de chasser les démons qui habitent un homme) tout au long de sa longue histoire, en témoignent. Sa vraie origine : la croyance populaire. Un soir de brouillard, dans l'obscurité d'une forêt peu accueillante, un voyageur terrorisé aperçoit un brigand ; il fuit. Puis se retourne. le brouillard le cache à sa vue, mais son imagination lui fait voir dans les ombres comme un loup. Le mythe est né.

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Loup, oui... mais Garou ?

Il faut en principe distinguer lycanthropie et Loup-Garou. La lycanthropie est une maladie mentale, entraînant chez l'individu atteint, un comportement animal, en l'occurrence celui d'un loup. Cette affection était connue sous la forme de délire tant durant l'Antiquité qu'au Moyen Age. Etymologiquement, lycanthrope provient du grec lycos : loup et anthros : homme. Ce terme fut fréquemment employé à la place du mot zooanthrope, lequel désigne toute métamorphose d'homme en animal.

Dès le premier siècle, Arétée de Cappadoce explique que certains hommes pensent être faits de verre et craignent d'être cassés. Ils décrivent l'état de celui qui se sent transformé en loup comme affamé et se jetant sur les troupeaux et les hommes pour les dévorer ; noctambule, hantant les cimetières et les monuments, hurlant à la mort. Ses yeux sont enfoncés, ses jambes sont meurtries par les égratignures et les morsures de chiens. Cette description subsistera, inchangée, au fil des siècles.

Les Latins appelèrent cette maladie " mélancolie, rage lupine - insania lupina - ou folie louvière ". En un peu plus de cent ans, on a enregistré, en France, 30 000 procès de loups-garous. Les minutes en ont étés conservées dans les archives locales.

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Histoires de loups-Garous

Nous sommes en Pologne, vers le milieu du XIX ème siècle, dans un petit village des bord de la Vistule. Jeunes et vieux, rassemblés sur la grand-place, fêtent la fin des moissons à grand renfort de chants et de danses. La récolte a été bonne, et le festin est abondant. La boisson coule à flot et chacun s'abandonne à la joie.

Soudain, alors que les réjouissances battent leur plein, un hurlement terrifiant, propre à vous glacer le sang, retentit dans la vallée. Les danseurs s'immobilisent. Tous se précipitent, cherchant d'où peut provenir ce cri terrible. Ils voient alors un loup gigantesque emporter l'une des plus jolies filles du village, dont on vient de célébrer les fiançailles. Du fiancé, pas de trace...

Les plus courageux parmi les paysans se lancent à la poursuite du loup et tente de lui faire lâcher prise. Mais le monstre, la gueule écumante de rage, dépose alors son fardeau humain et leur fait face, prêt à combattre. Quelques jeunes gens courent au village chercher des fusils et des haches. Pendant ce temps, voyant que ceux qui restaient devant lui étaient trop effrayés pour bouger, la bête se saisit à nouveau de sa proie et s'enfonce dans la forêt proche, où elle disparaît....

Bien des années ont passé. Dans le même village, sur la même place, c'est encore la fête de la moisson. Un vieillard s'approche des convives, qui l'invitent à se joindre à eux et à participer aux réjouissances. Mais le vieil homme, sombre et taciturne, préfère s'asseoir à l'écart. Il boit en silence. C'est alors qu'un paysan âgé s'approche de lui et l'examine avec attention. Au bout d'un moment, il lui demande d'une voix étranglée par l'émotion : " Est-ce toi, Jean ?" Le vieil homme acquiesce en silence.

Tous reconnaissent alors en lui le frère aîné du vieux villageois et le fiancé disparu depuis tant d'années. On fait cercle autour de lui et on attend le récit de ses aventures en frissonnant d'une étrange terreur. Il leur raconte alors comment il fut changé en loup par une sorcière et comment, voilà bien longtemps, il emporta sa fiancée dans la forêt, au cours d'une autre fête de la moisson. Là, il vécut avec elle pendant près d'une année, puis elle mourut. " A partir de ce moment, dit-il, je suis devenu fou de douleur. J'ai attaqué quiconque, homme, femme, enfant ou animal, se trouvait sur mon chemin. Et j'ai laissé derrière moi une piste sanglante qui ne pourra jamais s'effacer. " Et, ce disant, il montra ses mains, sur lesquelles on voyait des tâches de sang. " Depuis quatre ans, j'ai retrouvé ma forme humaine et j'erre dans la campagne. Mais je voulais vous revoir une dernière fois. Voir le village et la maison où je suis né et où j'ai grandit. Ensuite, eh bien ! Je redeviendrai un loup. " Il n'a pas fini de prononcer ces paroles que déjà il fait place à un énorme loup qui saute par dessus les convives stupéfiés et disparaît dans la forêt. On ne l'a plus jamais revu depuis...

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En 1573, dans la ville de Dole, le loup-garou Gilles Garnier est accusé d'avoir ravagé les campagnes avoisinantes et d'avoir dévoré de jeunes enfants. Après avoir confessé ses crimes, il périt sur le bûcher.

Quelques années plus tard, dans une autre localité, des paysans découvrirent le corps sanglant et horriblement mutilé d'un jeune garçon de quinze ans. Deux loups, qui s'acharnaient sur le cadavre, s'enfuirent dans les taillis quand les hommes s'approchèrent. En poursuivant les bêtes sauvages, ils tombèrent presque aussitôt sur un homme à demi nu accroupi dans les buissons. La créature avait un aspect bestial, avec sa barbe, ses cheveux longs et emmêlés, et ses ongles immenses, acérés comme des griffes, auxquels étaient encore accrochés des lambeaux de chair sanguinolents. L'homme s'appelait Jacques Rollet. C'était un simple d'esprit obéissant à son appétit cannibale. Il était en train de déchiqueter le corps du jeune garçon, lorsqu'il fut interrompu par l'arrivée des hommes. Il fut condamné à mort. Mais le parlement de Paris commua la sentence et le fit enfermé dans un asile de fous.

L'histoire vraie de Peter Stumb qui sous cette forme tua et dévora treize enfants. Le tribunal de Cologne le condamna en 1591 au supplice des tenailles et de la roue, à la décapitation et au bûcher.

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Autre cas typique de lycanthropie, celui de Jean Grenier, au début du XVII ème siècle. Ce garçon de treize ans, à demi idiot, présentait un faciès canin fortement accusé . Il se prenait pour un loup-garou.

Un soir, il se complut à terrifier un groupe de fillettes de son âge en leur affirmant qu'à la tombée de la nuit il se transformerait en loup et les dévorerait. A quelques jours de là, une fillette, qui était sortie à la nuit pour rentrer ses moutons, fut attaquée par une créature que, dans son affolement, elle prit pour un loup, mais dans laquelle elle reconnut par la suite Jean Grenier. Elle se défendit vigoureusement à coup de houlette et réussit à s'enfuir en courant jusqu'à sa demeure.

Comme plusieurs enfants avaient auparavant disparu dans des circonstances mystérieuses, on soupçonna Grenier. L'affaire fut portée devant le parlement de Bordeaux . Le jeune garçon confessa qu'une nuit, deux ans plus tôt, il avait vu apparaître le diable. Il avait, dit-il, signé un pacte avec le maître des ténèbres, qui lui avait fait cadeau d'une peau de loup. A partir de ce moment, il avait pris chaque nuit l'apparence de cette bête sauvage et avait écumé les campagnes, retrouvant sa forme humaine au lever du jour. Il avait ainsi tué et dévoré plusieurs enfants qu'il avait rencontrés à travers champs. Il raconta même qu'une fois, profitant de l'absence des parents, il était entré dans une chaumière et avait emporté un enfant au berceau.

Dans les rêves, les loups-garous ont toujours des yeux incandescents... Après enquête minutieuse, tous les forfaits avoués par Jean Grenier se révélèrent exacts - du moins en ce qui concerne le cannibalisme. Aucun doute ne subsiste : les enfants disparus avaient bien étés tués et en partie dévorés par l'adolescent.

A notre époque, la lycanthropie ne fait plus l'objet de superstitions religieuses et est entrée dans le domaine de la pathologie, mais, de temps à autre, des loups-garous continuent à semer la terreur.

C'est ainsi que trois d'entre eux, disait-on, hantaient les Ardennes belges juste avant la première Guerre mondiale.

A le même époque, en Écosse, la rumeur publique accusait un berger des environs d'Inverness d'être un loup-garou.

En 1925, la même accusation fut proférée à l'encontre d'un jeune garçon d'un petit village alsacien proche de Strasbourg.

En 1930, un loup-garou terrorisa la banlieue parisienne, à Bourg-la-Reine.

En 1946, une bête mystérieuse présentant toutes les caractéristiques d'un loup-garou terrorisa une réserve Navajo, en Amérique du Nord (le loup-garou est un thème fréquent dans le folklore navajo).

A Rome, en 1949, la police eut à enquêter sur un étrange cas de lycanthropie : tous les mois, à la Pleine Lune, un des citoyens de cette ville était en proie à d'inquiétantes hallucinations et poussait des hurlements à faire dresser les cheveux sur la tête.

A Singapour, en 1957, une série d'agressions mystérieuses posa une énigme aux autorités anglaises : des loups-garous, murmurait-on, s'attaquaient aux pensionnaires malaises d'un foyer d'infirmière situé sur l'île principale. Une nuit, l'une des infirmières s'était réveillée en sursaut pour apercevoir " une horrible face bestiale, aux cheveux plantés si bas sur le front qu'ils atteignaient la racine du nez et dont la bouche laissait dépassé des crocs acérés ". Ce mystère ne fut jamais éclairci.

Pas plus que celui de la jeune Rosario do Sul dans le Sud du Brésil, en 1978 : cette collégienne de seize ans était en proie à des visions démoniaques et prétendait que l'esprit d'un loup féroce s'était emparé d'elle.

En 1975, les journaux anglais rapportaient la tragique histoire d'un jeune homme de dix-sept ans, originaire du village d'Eccles hall, qui se croyait sur le point de se muer en loup- garou. Pour mettre un terme à ses souffrances morales, il se plongea un couteau à cran d'arrêt dans le cœur. Une enquête fur ouverte après sa mort et l'un de ses compagnons de travail révéla que le malheureux lui avait téléphoné avant son geste fatal : "Il m'a dit, déclara le témoin, que son visage et ses mains changeaient de couleurs et qu'il était en train de devenir un loup-garou . Puis il s'est tu, et j'ai alors entendu des grognements."

L'imagerie populaire représente le loup-garou comme une créature bestiale et velue, dressée sur ses deux jambes et s'exprimant par des grognements gutturaux, tandis que sa bouche écumante laisse apparaître des crocs sinistres. Si l'on consulte en effet les récits mythologiques ou historiques, on voit que les loups-garous n'apparaissent guère différents des véritables loups - encore qu'ils soient généralement plus grands. Une autre erreur largement répandue est celle qui conduit à assimiler les loups-garous aux lycanthropes. Le loup-garou relève en revanche de la tradition fantastique. Il s'agit d'un homme qui, grâce à des pouvoirs particuliers - qu'ils soient ou non magiques -, se métamorphose en loup et qui, de ce fait assume tous les caractères que l'on attribue à cet animal : puissance musculaire, agilité, ruse et férocité, et ce au grand dam de ceux qui croisent son chemin. Cette forme animale peut être temporaire ou définitive.

Lorsque Peter Stump, loup-garou notoire, fut supplicié à Cologne en, 1589, il avait auparavant révélé au tribunal, dans les moindres détails, les épisodes de sa métamorphose. Nous serions enclins aujourd'hui à la considérer comme un illuminé et à juger excessive la crédulité de ses juges. Il n'en demeure pas moins qu'il avait de la sorte tué, dépecé et dévoré des centaines de victimes, tant animales qu'humaines - bien qu'en ce qui concerne ces dernières, il n'en ait jamais avoué que seize...

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Les différentes sortes de Loups-Garous

Le lupo manaro n'hésite pas à voyager de par notre pays. Le loup noir lui, est un garou qui est la monture favorite des sorcières. Le lubin, est le garou des cimetières. Le croque mitaines ou Croquemitaine est bien le garou des enfants, et non un monstre non apparenté aux garous. L'empuse ou l' empouse est une louve-garou sensuelle, anthropophage, mais adorablement belle. Le loubelin, à l'image de son frère et confrère, le lubin, est un garou de cimetières. Le lupeux est le garou des voyageurs solitaires imprudents. La marchocias est une louve-garou à la queue de serpent et aux ailes de griffon.

Parfois les meneux ou meneurs de loups se nomment des sarreux. Ils se changent épisodiquement en garous, eux aussi, quand ils en ont le pouvoir. Il ne faut point mélanger torchons et serviettes, les loutiers qu'on a parfois brûlés comme garous, préparaient seulement des philtres à base de loups préalablement égorgés et n'avaient pas la faculté de transformation. Ce n'était que des assassins de loups... Des escrocs aux pharmacopées souvent criminelles .

Quant au Versipelle, nom utilisé à tort et à travers, il n'est que le terme érudit et raffiné pour désigner les garous en général. PETRONE s'en servit dans le SATIRICON et bien des lettrés le reprirent par la suite. Le Barbocu est le nom sarde du garou. La Bigorne n'était point un loup-garou, c'était un lion-garou que les scribes ont cité à tort comme loup. On dit qu'elle mangeait sans trêve et semblait toujours satisfaite. Donnons dans l'exotisme avec le garou Kumacanga du Brésil. Le Barbau lui, est de Gènes. Quant aux Djinns et au Chatrap, ils hantent de préférence les cimetières de l'Arabie dite heureuse. Fenrir était une des terreurs de la mythologie nordique. Il était en guerre permanente contre les dieux. Lorsque TYR réussit à le couvrir de chaînes, il lui sectionna la main. Il était tellement énorme que sa machoîre supérieure atteignait le ciel et que l'inférieure touchait le sol. Le loup-garou des scandinaves, se nommait Ulfhednar, quant à la femme louve c'était Vargynjur. Dans la mythologie scandinave ainsi que dans la grecque, parmi les multiples mutations des dieux et des déesses, Zeus, Odin, Hecate et bien d'autres se transformaient en garous. La Chicheface ne trouvait à se nourrir que tous les deux siècles, ce qui est bien peu pour un garou affamé. Il faut dire qu'elle ne voulait dévorer que de belles et grasses donzelles ! Ce qui explique son aspect déplorable de louve amaigrie, aux côtes saillantes. Enfin, Leu, Garoul, Garou, Garoui, Gerulf, Leu-warrou, Wareul, Varol, viendraient tous du Francique retranscrit en latin médiéval, soit le Lupum Geroulphum...

Dans son Lai de Bisclaveret, Marie de FRANCE, périe au bûcher, transforma le Lupum en Garwalf. Nul doute que la France, au moins pour les garous, était la Terre Promise, car jamais ailleurs on en trouva autant ! Mormôlycé, était une louve célébrissime de la Grèce des temps anciens. Elle remplissait auprès des enfants, le rôle de Croquemitaine. Nous terminons notre tour d'horizon avec Tipule qui était le garou des romains, et avec le Neure qui était un garou fils naturel des Scythes et des Amazones.

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Et la psychanalyse ?

Selon les exemples cités, le processus de la métamorphose varie notablement : parfois, la transformation est aussi soudaine qu'incontrôlable. Quelquefois, il suffit à celui qui veut changer de forme de revêtir la dépouille d'un animal pour prendre son aspect (c'est cette tradition que l'on retrouve dans les mythologies norvégiennes et irlandaises). Bien souvent encore, le loup-garou apparaît comme tel aux yeux de ses contemporains grâce à un charme secret : ils le voient sous l'aspect d'une bête sauvage, alors qu'en réalité il n'a pas changé.

Cette croyance était si profondément enracinée en Europe à le fin du Moyen Ages et pendant la Renaissance que les loups-garous étaient considérés à l'égal des sorciers et des magiciens. Quiconque était soupçonné de se transformer en loup - ou dénoncé comme tel- était impitoyablement brûlé ou pendu (et ce, plus particulièrement encore en France et en Allemagne).

Dans son ouvrage The psychoses (1970), Elton Mc Neil décrit ainsi cette époque d'hystérie traversée par les hallucinations collectives et les délires mystiques : " Ce type de comportement a son origine, en partie dans la croyance que " Dieu commence par apporter à la folie à ceux qu'il veut punir ". La folie, en tant que manifestation de la volonté divine, devient contagieuse. La persécution religieuse dont sont victimes les déments et les psychotiques contribue à raffermir la foi des âmes pures et innocentes : ceux qui dénoncent les suppôts du diable s'attirent la clémence divine. La chasse aux sorcières est ainsi l'un des moyens du salut. " Cette analyse peut aussi bien s'appliquer aux procès de loups-garous, qui présentent beaucoup de points communs avec les procès de sorcellerie. C'est en France que cette obsession démoniaque a pris le plus d'ampleur. D'innombrables procès en témoignent. Et les confessions arrachées aux malheureux accusés sont hallucinantes...

En France, ce phénomène a connu une ampleur hors du commun. Aux XV ème et XVI ème siècles, une véritable psychose a régné dans toutes les campagnes françaises ? Plus de 30 000 individus ont alors été jugés par des tribunaux et près d'une centaine exécutés parce qu'ils auraient commis des crimes sous l'apparence d'un loup-garou. L’homme en devenant loup, révélerait selon certains psychologues, son double. Certains parlent de sa « fylgia » animale, double psychique, en quelque sorte l’équivalent du DAIMÔN grec. Il y aurait aussi le double physique ou « hamr », plus apte à la métamorphose. Enfin le « hugr » ou composante de l’âme, correspondant au latin « animus » et « spiritus ». Claude Lecouteux explique ces trois états dans son ouvrage intitulé Fées, sorcières et loups-garous au Moyen-Age (Editions Imago).

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La Porphyrie : une des explications

C'est en se basant sur les descriptifs faits par les autorités médicales de l'Antiquité que les médecins du moyen age tracèrent une sorte de portrait robot du loup-garou : peau sèche, jaunâtre, d'une pigmentation hétérogène, très pâle et couverte d'ulcérations. Très souvent ils sont dotés d'une pilosité abondante. La bouche est rouge et sèche avec des canines proéminentes et brunes. En fait, il s'avère que cette description correspond à celle des malades atteints d'une certaine variété de maladies : les porphyries. C'est ce que révèle le Docteur Jean Goens dans son ouvrage : Loup-garous, Vampires et autres monstres. Les personnes atteintes de ces maladies sont affligées, en plus des caractéristiques plus haut, d'une photosensibilité telle que la lumière du jour leur est quasiment interdite les obligeant à ne sortir que la nuit. Parmis ces maladies, l'hypertrichose congénitale généralisée est celle qui provoque, chez celui qui en est atteint, la plus grande ressemblance avec un loup-garou ; les malades étant couvert d'une pilosité surabondante. Cette maladie très rare (une cinquantaire de cas en 3 siècles), en plus de malformations physiques, s'accompagne de troubles mentaux : hurlements, postures animales, consommation de viande crue, agressions et mysticisme démoniaque. Au lieu de l'hôpital, c'est vers le bûcher qu'ont été pendant longtemps menées les victimes de ces maladies. Un des cas les plus célèbres d'hypertrichose congénitale a été Adrian Jerticheff (voir photo) qui fut exhibé à Paris en 1893. Contrairement à ses malheureux prédécesseurs, sa malformation fit sa fortune. Ces maladies sont souvent le résultat de désordres génétiques consécutifs, entre autres, à des mariages consanguins, courant par le passé. Parmis les explications médicales de la lycanthropie, il faut compter également avec les cas de rages transmises à l'homme par les loup, les renards et les chiens, et qui entraînaient une folie meurtrière chez les malheureux contaminés par cette terrible maladie. Il faut compter également avec le cannibalisme auquel se livrait parfois quelques isolés lors des terrifiantes famines qui ravageaient alors le pays.

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Tout le monde dit ne pas croire aux fantômes... et pourtant tout le monde en à peur... 
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